billet juillet 2026
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Lors de l’épisode de très fortes chaleurs, à la Pentecôte, des reportages journalistiques s’indignaient du comportement des jeunes de banlieues sautant des ponts pour se baigner, débloquant des bouches d’incendie pour faire jaillir des jets d’eau. En espérant alerter contre le danger de ces pratiques (alors qu’il n’y avait pas eu d’accident), les reportages ont complètement passé sous silence le contexte de ces banlieues où les logements sont des passoires énergétiques et où il est très difficile de trouver des endroits frais.
J’ai été frappée par ce constat d’un reportage orienté, partial, incomplet et par là même stigmatisant, envers les jeunes incriminés. Ces reportages sont malheureusement dans l’air du temps d’un discours qui alimente une défiance permanente envers des catégories de population. Ce sont aussi des reportages qui alimentent une pensée simpliste en désignant des personnes dont le comportement est supposé néfaste et porterait atteinte à la « bonne » partie de la population.
La période électorale qui s’ouvre en vue de la présidentielle verra bien d’autres exemples de discours simplistes et auto-performants pour influencer les extrêmes haineux et violents, les volontés de rejeter les personnes dont l’origine ou la religion sont méprisées.
Edgar Morin (sociologue et philosophe, décédé fin mai), théoricien de la pensée complexe, invite à élargir notre regard : « Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin élémentaire du mot complexus, «ce qui est tissé ensemble». Les constituants sont différents, mais il faut voir comme dans une tapisserie la figure d’ensemble. Le vrai problème (de réforme de pensée) c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il vaut mieux apprendre à relier. »
Tisser ensemble, apprendre à relier : voilà qui est bien plus complexe qu’une vérité assénée dans le but d’imposer son point de vue, son idéologie !
Je ne suis pas naïve. Les positions idéologiques, racistes, sexistes, etc, de celles et ceux qui les profèrent n’ont pas d’autre objectif que de maintenir un climat de peur pour mieux remporter le pouvoir de domination et soumettre la population. L’histoire, ancienne ou plus récente, est suffisamment parlante pour s’en convaincre.
Or nous ne sommes pas déterminés par ces discours, nous qui proclamons le Christ, mort et ressuscité. Nous sommes soumis à la volonté de Dieu et au service de sa Parole de vie qui nous engage à la fraternité et à la responsabilité.
« C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage. » (Ga 5,1)