billet avril 2026
Au moment où j’écris ces lignes, l’eau n’est pas encore complètement redescendue suite aux inondations spectaculaires. La pluie diluvienne s’est arrêtée. Il fait beau ces jours-ci et les sinistrés attendent sans doute avec impatience le reflux de l’eau.
Ce n’est pas la première fois, et ce n’est pas la dernière fois qu’un tel phénomène se produit. Il me semble que tout le monde a bien conscience de la nécessité de s’adapter pour qu’à chaque nouvel épisode les dégâts soient moins impactants.
J’entendais une émission de radio au sujet de l’eau, des différents sols (sable, argile, …) et de leur capacité à absorber l’eau. Cette fois-ci les intervenants avaient la sagesse de ne pas stigmatiser les actions passées qui ont réduits cette capacité d’absorption. Ils ont plutôt suggéré de travailler tous ensemble, à partir des contraintes et des réalités de tous les acteurs de terrain, afin d’élaborer de vastes projets de changement et d’amélioration.
Leur proposition était à l’image de la réalité de ces sols : la terre contient une infinité d’éléments de régulation naturelle (bactéries, insectes, champignons, vers de terre, …), et c’est l’ensemble de ces éléments qui permet au sol de rester vivant.
Il en va de même pour la vie sur terre : elle tient sa source dans cette diversité, dans la capacité à travailler ensemble pour maintenir un équilibre bénéfique à tous. Si on supprime ces éléments, ou si l’on cherche à n’en garder qu’un seul, dans une forme d’épuration, alors les conséquences seront néfastes.
Avancer ensemble, avec tous les acteurs de bonne volonté, sans chercher à éliminer l’autre, voilà la piste qui s’impose pour tenter de limiter les dégâts des intempéries ou des crispations identitaires.
Avancer ensemble, dans un esprit d’échange et de transversalité, c’est s’engager et témoigner de convictions qui freinent les dégâts causés par les vagues du seul profit. Avancer ensemble, dans un esprit de solidarité et de responsabilité, c’est accepter de se décentrer, de perdre personnellement mais pour un gain collectif dont les répercussions seront favorables globalement.
Avancer ensemble, avec lucidité, car, comme le dit l’apôtre Paul dans sa lettre aux Ephésiens, il faut nous équiper « pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable ». « Ce n’est pas à l’homme que nous sommes affrontés, mais aux autorités, aux pouvoirs, aux dominateurs de ce monde de ténèbres… » (Eph 6,10-12)
Aucun texte biblique ne prétend à la facilité ni à une vie de disciple paisible. En revanche la Bonne Nouvelle de l’Evangile nous assure que nous ne sommes pas seuls !