billet juin 2026

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Fin février 2026, la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires (suite à l’affaire dite de Betharram) a rédigé une proposition de loi visant à « prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire ». Mais cette proposition de loi n’a jamais pu être soumise au débat de l’Assemblée nationale, suite au refus de la conférence des présidents de groupes parlementaires (à une voix près).

 

La protection des élèves et la reconnaissance des victimes, la prise en charge institutionnelle des violences scolaires et les moyens juridiques pour prévenir ces situations ne seront donc pas débattu à l’Assemblée nationale pour prendre des mesures qui corrigent les dérives constatées.

 

Depuis – malheureusement – d’autres drames ont été mis en lumière : celui des enfants, souvent très jeunes, victimes des adultes encadrant le péri-scolaire. Des drames qui prouvent qu’une réflexion nationale est indispensable et qu’une loi doit venir rappeler la règle d’intégrité pour protéger les individus (surtout les enfants / les plus vulnérables) de comportements prédateurs.

 

Paradoxalement, nous sommes aujourd’hui à une époque où l’on sort du silence et où les victimes peuvent être entendues et crues. Mais, en même temps, on constate un déni et un refus de se saisir du sujet pour ne surtout rien changer ! D’ailleurs, à la différence d’autres Etats européen, la France n’a pas mis en place – ou très marginalement – les conditions d’accueil de la parole des enfants victimes d’abus.

 

« … ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux. » (Mt 19,14b)

 

Ce qui n’a pas été mis en œuvre pour accueillir les enfants et stopper les abus, c’est autant de situations où les adultes empêchent les enfants d’accéder à une parole de bénédiction, une parole qui relève leur vie du mal qu’ils ont subi, une « bonne » parole (béné-diction) qui soutient et encourage les personnes qui la reçoivent.

 

Pourquoi cet empêchement ? Pourquoi ce réflexe d’éloigner les tout-petits ? A l’époque, les disciples (v13b) pensent bien faire en estimant que Jésus a des choses plus importantes à faire que de s’occuper des petits enfants.

 

Mais Jésus leur donne une leçon : « le royaume de cieux est à ceux qui sont comme eux ».

 

Alors, pourquoi cet empêchement, aujourd’hui ? Si la société ne prend pas au sérieux l’attention à ces enfants, et plus globalement à celles et ceux qui sont en situation de vulnérabilité, quelle société construisons-nous pour demain ? Tous les empêchements et autres entraves dans le cours de la vie de ceux qui doivent lutter contre les obstacles au quotidien sont autant de potentiels que la société rejette et dont elle n’aura pas les richesses et la créativité pour son dynamisme de demain.

 

Or, avec Jésus, je veux croire que ces vulnérabilités font pleinement partie d’un avenir prometteur et que toute la société gagnerait à les inclure, à les accepter, à les accompagner.

 

Anne-Marie Feillens

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